DIX MENSONGER DIFFUSÉS PAR ESPAGNE GLOBALE

Diez mentiras que ha difundido España Global

Le procès souverainiste catalan et le discrédit de la justice espagnole sont à l’origine d’une campagne de propagande dans le but d’améliorer l’image présente et passeé de l’Etat espagnol.

La marque Espagne est en crise. Le travail acharné effectué par « Espagne globale », l’instrument de propagande, sécrétariat d’état du ministère espagnol des affaires étrangères nous le confirme.

Les campagnes organisées depuis l »Espagne cherchent à étaler une image limpide de la démocratie espagnole. Cela se fait en forçant la réalité ce qui ne fait que montrer les difficultés pour cacher la réalité espagnole.

Regardons dix affirmations, très discutables, fournies par cet organisme dirigé par l’ancien membre de la formation UPyD Irene Lozano.

1. L’ Espagne est une pleine démocratie

Espagne Globale est obsédée par cette affirmation. L’Espagne, ce n’est pas uniquement une démocratie mais en plus c’est l’une des démocraties les plus avancées de la planète. Une des pages Web de l’organisme a comme titre « L’Espagne fait partie des vingt démocraties plus avancées du monde« . Ils utilisent un classement fourni par une entité appelée Freedom House, qui situe l’Espagne devant le Royaume-Uni.

Cette insistance révèle un certain état de nervosité. Peut-on imaginer un secrétaire d’état britannique disant chaque jour que son pays est une pleine démocratie.

2. Il n’y a qu’une langue

Il est curieux de voir que lorsque cet organisme présente la réalité lingüistique espagnole, il le fait toujours au singulier. Il parle d’une langue jamais des langues.

La langue c’est toujours l’espagnol, « la langue dont le nombre de locuteurs s’accroît le plus vite dans le monde. » « Une communauté de 577 millions de personnes ». La langue maternelle de 488 millions de personnes dépassant largement l’anglais qui ne compte que 399 millions, afirme Espagne Globale.

3. Les écrivains espagnols ne s’expriment qu’en espagnol

Pour « Espagne Global », la question ne se pose pas. La culture espagnole utilise uniquement la langue espagnole. Les écrivains dont elle parle ce ne sont que des figures de la littérature en langue espagnole (Cervantes, Becquer, Lorca). Dans les documents qu’elle fournit, on constate que sur le Blog « This is real Spain » les allusions aux « autres » cultures est marginale. Lorsqu’on parle de la projection extérieure, on souligne le rôle de l’Institut Cervantes.

Ce n’est qu’à la fin qu’on trouve une référence succinte à l’institut Ramon Llull (langue catalane) et à Etxepare (langue basque). Jordi Amat en parle dans un article au nom évocateur qui vient de sortir : « La diplomatie de l’exclusion »

4. Aucun respect pour la présomption d’innocence

Jordi Sanchez, Jordi Turull et Josep Rull ont dénoncé « Espagne Globale » pour leur rapport « la réalité du processus indépendantiste ». Selon l’organisme, les faits du 20 septembre et du 1er octobre, constituent une preuve de « violence » et de « tumultes ». Les prisonniers politiques catalans ont désobéi. Ce qui constitue une violation de leur droit à la présomption d’innocence.

Le gouvernement catalan a entamé, aussi, des actions légales contre l’organisme.

5. « Une justice consolidée »

La défense de la justice espagnole constitue un des principaux objectifs de la propagande de l’Etat espagnol. Le procès contre les dirigeants indépendantistes et les déboires que les juges espagnols ont connu en Europe font que cette ligne de défense est la plus délicate pour l’image de l’état espagnol.

Sur le Blog « This is the real Spain » d’Espagne Globale on présente la justice espagnole comme « une justice consolidée et engagée dans la défense des droits de l’Homme ».

La page du Blog souligne que l’Espagne n’est pas le pays le plus puni (surtout, par rapport la Turquie). Mais il est vrai que l’Espagne a déjà eu plusieurs condamnations, dont certaines très significatives et inimaginables pour les autres pays de l’Union européenne. La Cour européenne des droits de l’homme a condamné l’état espagnol parce qu’Arnaldo Otegi n’avait pas eu un procès juste, parce qu’aucune enquête pour tortures, suite à des dénonciations, ne fut ouverte et aussi parce que l’immunité parlementaire des membres du bureau de l’Assemblée régionale basque ne fut pas respectée.

6. Par rapport à la protection des espaces naturels

Selon Espagne Globale la biodiversité constitue une des principales contributions de l’Espagne, au niveau international: « Notre pays possède 1858 espaces naturels et presque 400 espèces, selon l’association de protection de la nature WWF ».

Mais cette même association indépendante a souvent critiqué l’Espagne pour sa politique de l’environnement. Elle a critiqué, en particulier la situation du parc national de Donana en Andalousie. Pour l’association, l’état espagnol ne respecte pas les recommandations faites par le Conseil de l’Europe pour préserver l’environnement.

7. 500e anniversaire d’un « exploit espagnol »

Le cinq- intième anniversaire du premier tour du monde (1519) a été à l’origine d’une ridicule campagne de propagande Espagne Globale a tenu à promouvoir une lecture patriotique de cette aventure, « Il s’agit d’un des principaux exploits de l’humanité ». En réalité, cette propagande s’est construite, davantage, à partir de demi-vérités et de polémiques historiques que de mensonges.

L’aventure ne fut pas un exploit et le but n’était pas non plus de faire le tour du monde mais trouver des routes plus rapides pour extraire des ressources économiques. A la tête de l’expédition il y avait un portuguais Fernando de Magallanes et le basque Juan Sebastian Elcano était son numéro deux. L’Espagne, en tant qu’état n’existait pas encore. Ce fut la Couronne de Castille qui a financé les frais de l’aventure. Cela s’est traduit par une polémique avec le Portugal pour déterminer lequel de deux royaumes a eu le plus de poids dans l’accomplissement de « l’exploit ».

8. Une Voie Baltique pour l’unité?

Le service diplomatique espagnol fait, souvent, une lecture partisane des événements internationaux. Il y a eu une erreur grossière lors du trentième anniversaire de la Voie baltique. L’ambassade espagnole en Lettonie a félicité le pays pour « avoir assuré l’unité des peuples baltiques ».

En réalité, ces peuples se sont indépendentisés de l’Union Soviétique et ont donné naissance non pas à un seul pays mais à trois républiques indépendantes.

9. Le « beau rôle » joué par l’Espagne dans la libération de Paris

Cela a été l’un des mensonges les plus éhontés portant atteinte au devoir de mémoire. Espagne Globale souligne, sur sa page web, le rôle joué par les exilés républicains espagnols pendant la Seconde guerre mondiale. Mais cette fois-ci, l’erreur fut commise par le ministère de la Justice, qui s’est joint aux commémorations du 75ème anniversaire de la libération de Paris, avec une série de tweets où ce même ministère louait le rôle décisif joué par l’Espagne dans la défaite de l’armée nazie en France.

L’état espagnol est conscient du poids négatif que son passé, ponctué de dictatures, guerres et répressions, comporte pour l’image de l’Espagne. La participation de combatants républicains espagnols et catalans au sein de la célèbre neuvième division du général Leclerc, qui a chassé l’armée allemande de Paris en 1944, a servi de pretexte pour essayer de faire oublier de quel côté était l’Espagne pendant la seconde guerre mondiale.

10. L’Espagne a la pointe de la Science

Espagne Globale n’a peur de rien. Elle souligne que l’Espagne est à la pointe pour tout ce qui concerne la science et l’investigation. On peut admettre, selon des données fournies par l’OCDE, que l’Espagne est le quatrième pays qui possède le plus grand nombre de diplômés dans des disciplines tecnologiques.

Mais la société espagnole est confrontée à la fuite de ses cerveaux scientifiques et au départ de ses étudiants à la fin de leurs études. La Fondation Alternatives fait une lecture très différente.

Selon le rapport rédigé par cette fondation en juillet dernier, l’Espagne n’est pas montée dans le train du progrès scientifique. Le rapport critique l’endogamie et la bureaucratisation des universités espagnoles. Par contre, il comble d’éloges les projets ICREA du gouvernement catalan et Ikerbasque du gouvernement basque.

Source originale (Nació Digital, 22/09/19)

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