LE PP: UN SYSTÈME EFFICIENT DE CORRUPTION INSTITUTIONNELLE

Cour Pénale: Le PP de Rajoy a dirigé un système efficient de corruption institutionnelle.

Les sociaux-démocrates vont déloger Rajoy grâce à une motion de censure après la sentence de la Cour Pénale.

Merkel a soutenu pendant des années un parti corrompu.

Même la Cour Pénale a fini par constater que le PP de Rajoy avait dirigé un système efficient de corruption institutionnelle. Tout le monde en était au courant y comprise Merkel. Pour la première fois, un parti politique espagnol a été condamné parce qu’il se bénéficiait, en tant qu’usufructier, des pots-de-vin. C’est pour cette raison que les sociaux-démocrates, qui avaient permis son investiture en 2016 à l’encontre de leurs engagements électoraux, cherchent à faire tomber Rajoy et le PP.

Désormais, le parti de Sanchez doit retirer le soutien à la formation de Rajoy (PP) et c’est pour cette raison qu’il a présenté une motion de censure, vendredi dernier, à l’assemblée nationale espagnole à Madrid. Lors d’une conférence de presse, Sanchez, après une réunion extraordinaire de la direction du parti, a déclaré que « son intention était de former un gouvernement socialiste afin de récupérer la dignité perdue de notre démocratie » et de restaurer des » règles du jeu » propres et sortir l’Espagne de la « boue de la corruption ». Les membres du parti de Rajoy sont allés dopés aux élections.

En effet, la Cour a établi dans sa sentence que le parti disposait, au moins depuis 1989; d’une caisse d’argent sale.

Grâce à cette caisse, le parti a pu se financer illégalement et a pu disposer des fonds pour les campagnes électorales, qui échappaient à toute forme de contrôle. Sanchez ne veut pas convoquer de nouvelles élections jusqu’à ce qu’on n’ait pas récupère la stabilité et la normalité, qu’on n’ait pas nettoyé les institutions de la corruption et qu’on n’ait pas trouvé de réponse aux accablants problèmes sociaux, s’adressant ainsi aux forces de gauche. Même si c’est évident que pour cette tâche, les deux ans qui restent pour finir la législature, en 2020, ne seront pas suffisants.

Il a ainsi refusé les aspirations de la formation de droite Ciudadanos (Citoyens) Ce parti qui jusqu’à présent soutenait le PP de Rajoy, a demandé la tenue immédiate des élections. Cette formation populiste et ultranationaliste s’attend à une victoire électorale après ses bons résultats en Catalogne. Encore un échec de Rajoy. Ciudadanos aspire à remplacer le PP, en Espagne, par la droite. L’exigence de Rivera à Rajoy pour qu’il démissionne et convoque de nouvelles élections est, tout simplément, inconstitutionnelle. Selon l’artice 115 de la constitution, une démission après la présentation d’une motion de censure est impossible. C’est tout de même surprenant que la personne qui pretend défendre la Constitution n’en respecte pas les fondaments juridiques.

Le PSOE a passé beaucoup de temps à hésiter et il a soutenu la politique repressive de Rajoy en Catalogne.

C’est pour cette raison que le PSOE a présenté sa motion de censure vendredi matin à toute vitesse afin de ne pas donner cette opportunité à Rajoy. Les formations de gauche Podemos, Gauche Unie et autres ont promis leur soutien au parti socialiste et à son candidat Sanchez. Ils voient l’opportunité non pas seulement de faire tomber Rajoy et son parti le PP mais aussi de s’inspirer du modèle réussi de la gauche portugaise. Vu que Ciudadanos, les soit-disant combattants contre la corruption, avait annoncé qu’il ne soutiendrait pas la motion de censure de Sanchez, celui-ci avait besoin, aussi, du soutien des partis nationalistes basques et catalans.

Cela devait conduire à la fin de l’administration sous tutelle de la Catalogne et du « coup d’état silencieux », s’il ne veut pas prendre une claque en pleine figure. Il pourrait ouvrir, en même temps, une porte au dialogue avec les catalans, que le PP et Ciudadanos ont toujours refusé.

Dernièrement, le leader socialiste Sanchez était entré dans une sorte de compétition avec le PP et Ciudadanos afin de montrer qui était le plus dur et le plus nationaliste.Sanchez voulait adapter le délit de rébellion pour pouvoir l’utiliser contre les protestations pacifiques des catalanistes.L’année dernière, il n’avait pas voulu voter la motion de censure présentée par Podemos contre Rajoy.

Puisque maintenant il ne s’agit pas seulement que des dirigeants du PP ont été à nouveau condamnés à des longues peines de prison, mais aussi que le parti même a été condamné, il se voit dans l’obligation d’agir pour ne pas perdre toute sa crédibilité. D’autre part ce narcissique voit maintenant naturelle l’opportunité de devenir président. Même s’il est le responsable des pires résultats électoraux dans l’histoire du parti socialiste.

Rajoy a dit, hier soir, que la motion de censure du parti socialiste menacerait la stabilité et la récupération économique espagnole. En outre, l’avenir de tous les citoyens serait compromis. À cause, aussi, de la difficile situation en Catalogne, l’adoption de la motion de censure irait à l’encontre d’une stabilité vue comme nécessaire.

La sentence a confirmé que le PP a bénéficié de beaucoup de pots-de-vin.

Ils étaient versés par des entreprises qui obtenaient en échange des marchés publics, comme Bárcenas avait toujours reconnu. C’est pour cette raison que la formation, en tant qu’usufructière s’est vue obligée de s’acquiter d’une amande (plutôt ridicule) de 245 mille euros. L’ancien trésorier tenait une comptabilité parallèle et gerait les milions d’argent sale par des comptes suisses.

S’il a été particulièrement grave pour Rajoy d’avoir à comparaître, comme témoin, dans ce procès,sa situation est devenue notamment pire hier. Il a tout nié devant la Cour et a considéré que l’éclarcissement des faits n’était pas pertinent. En réalité, la Cour Pénale l’a traité de menteur. Ses déclarations, selon lesquelles il ignorait tout de la « caisse B » et de ces façons d’agir, manquent de crédibilité. Pour la Cour, l’existance d’argent sale et d’un système de corruption a été établi. Selon les papiers de Bárcenas, Rajoy lui-même aurait reçu un montant d’argent en effectif, exonéré d’impôts, bien entendu. Il est donc surprenant ,en réalité, que Rajoy ait comparu en qualité de témoin, debout sur le strade de la salle de justice, au lieu de s’assoir sur le banc des accusés.

Mais dans cette affaire il est loin d’être seul. Bárcenas a payé des primes en effectif, cachées dans des enveloppes, à beaucoup de dirigeants du PP dont la ministre de la défense, comme Bárcenas a décrit, avec un grand luxe de détails, il y longtemps.

L’ancien entrepreneur Francisco Correa était au centre de ce système de corruption. C’est lui qui est à l’origine du nom donné à l’affaire « Gürtel » qui veut dire Correa (ceinture) en allemand. L’enquête a commencé cachée sous la traduction allemande de son nom. Il s’est occupé, pendant très longtemps, de faire en sorte que les marchés publics soient attribués à des entreprises avec des prix gonflés La majoration revenait partiellement à Correa qui en faisait bénéficier aussi bien le parti que les condamnés qui se sont enrichis personnelement.

Dans l’afaire principale, Correa écope de presque 52 ans de prison, la peine la plus lourde. Même si dans un autre dossier, jugé à part, il avait déjà été condamné à 13 ans de prison. Sans oublier qu’il y a d’autres affaires en cours contre lui. En tout, et rien que dans l’affaire principale, 29 condamnations ont été rédigées qui sélèvent à 351 ans de prison.

Puisqu’il y a encore quelques procédures en cours,sans oublier, comme c’est logique, des actes d’appels anonncées, on s’attend à ce que les accusés déblatèrent beaucoup plus et à ce qu’ils découvrent le pot au roses comme l’on dit d’habitude.

Depuis peu,Correa et autres condamnés avaient déjà commencé,timidement à en parler.On s’attend à ce que Barcenas évente la mèche qu’il annonce depuis toujours et à ce qu’il dénonce les hommes et les femmes de l’ombre, les principaux responsables de toutes ces tractations malhonnêtes, en apportant les preuves nécessaires.Un changement de gouvernement dans la mesure où les amis politiques au sein du parti des corrompus ne leur servent presque plus d’aide, facilitérait la tâche.De même que la condamnation de son épouse.Elle a été condamnée à 15 ans de prison. Barcenas veut à tout prix éviter son entrée en prison, comm’il a déclaré à maintes reprises. .

Le gouvernement de la république fédérale allemande a soutenu ce gouvernement corrompu.

En réalité, le premier ministre aurait dû démissionner depuis longtemps, lorsqu’on a connu les manigances illégales du Parti Populaire (PP), qui s’était financé durant des décennies avec des donations illégales, comme on appelle d’habitude en Espagne les pots-de-vin. Mais qu’il ne l’ait pas fait et que Rajoy, malgré son implication manifeste dans cette affaire, ait pu se présenter à nouveau, lors des dernières élections, et être reélu, tient aussi de la loyauté qu’il a toujours manifestée à l’égard de Merkel. Rajoy a été le garant d’une pseudo-stabilité et il a appliqué les mesures d’austérité exigées par l’Allemagne. La chancelière a donc soutenu un parti corrompu même si c’était prévisible de voir qu’avec Rajoy n’importe quel vestige de stabilité deviendrait impossible.

Le projet que Merkel avait pour l’Espagne, et qu’elle défend encore aujourd’hui, lui a éclaté en pleine figure, même si Rajoy avait donné signes d’être de plus en plus fasciste et peu démocrate, comme les événements en Catalogne nous le montrent. Même les juges allemands n’acceptent pas les absurdes accusations de coûp d’état formulées par le parquet, soumis à se plier à des instructions, à l’encontre des hommes politiques contraints de s’exiler.

Le PP, dans ses efforts pour s’accrocher au pouvoir, est devenu de plus en plus autocratique. Il manipule,de plus en plus les médias publics, il déclanche des grèves chez les juges et les procureurs à cause du contrôle politique qu’il exerce sur la justice. Il a même aboli la liberté d’expression grâce à des lois comme la loi « mordaza » (bâillon) et le durcissement des peines. Toutes les valeurs fondamentales sur lesquelles l’Europe s’est apparemment construite ont connu des coupures, et ceci avec l’accord de Merkel.

LÉGENDE DE LA PHOTO: Les derniers jours de Rajoy auraient déjà dû commencer.
IMAGE: lamoncloa.gob.es

Source originale: Heise (26-05-2018)

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