QUI SONT LES CDR?

par RAONS PER LA REPÚBLICA Raons per la República

 

Imagine-toi qu’un jour toi et moi et ton voisin,

et aussi la voisine du quatrième, et le boulanger, et le  chauffeur de bus, et celui que tu vois tous les matins traverser au feu rouge à la même heure mais tu ne sais pas qui c’est ni où il va, et le mécanicien et le technicien de l’ascenseur, et aussi l’homme du bar et la fille de ton ami que tu n’avais pas vue depuis longtemps et le médecin du centre de santé, et le caissier du supermarché, et la fleuriste et d’autres gens, beaucoup d’autres gens, vous vous rencontrez un jour pour dire: Assez! Nous en avons marre!

Nous ne voulons pas faire partie de cette corruption, de cette tromperie, de cette haine vers les catalans, de cette farce, de ces mensonges. Et nous avons décidé de désobéir à l’État Espagnol de manière pacifique: avec des actes de résistance non violente. Et que nous parlons sur le comment, sur le pourquoi, sur le quand.

Ce mouvement civique, transversal,

volontaire, sans appartenance à aucun parti politique, est composé de citoyens, de travailleurs normaux, de voisins de tous âges et de toutes conditions, qui cherchent à construire la République d’un point de vue social, d’en bas, de la base, en partant des gens de la rue, avec à l’ordre du jour les valeurs républicaines: l’implantation de la démocratie dans toute son ampleur, c’est-à-dire, la participation citoyenne dans les décisions du gouvernement de la manière la plus directe possible.

Au début, ils s’appelaient eux-mêmes Comités de défense du référendum (CDR)

et ils se sont constitués en raison des nombreux empêchements de l’État pour la tenue du référendum. Ils ont protégé les urnes et les bulletins de vote chez-eux, ils se sont chargés de garder les écoles ouvertes tout le week-end et y ont organisé des activités civiques pour tous les voisins, ils étaient les responsables de la résistance pacifique dès l’aube du 1er octobre jusqu’à la fin du scrutin et ils ont protégé le droit de vote même au milieu des charges policières.

Une fois ils se sont fait connaître, après le 1er octobre ils ont changé le R de Référendum pour le R de République et ils ont aidé à répandre le message républicain pour les élections du 21 décembre 2017. En outre, ils ont collaboré à un recomptage parallèle pour assurer la transparence des élections, au cours desquelles, rappelons-le, certains dirigeants républicains étaient emprisonnés et d’autres en exil.

Pour ceux qui ne connaissent pas ou ne font pas partie des CDR, il est très facile de se sentir agacé par les actions qu’ils mènent et qui affectent le reste de la population: “Les voilà encore! Pourquoi coupent-ils les routes? Pourquoi ralentissent-ils le trafic (opération escargot)? Pourquoi organisent-ils des manifestations?” Toutes leurs actions sont toujours pacifiques, soyez conscients, et peu importe combien ils dérangent, ces actions-là ne peuvent en aucun cas être étiquetés de violentes. Il y en a même qui ont un avantage direct pour les citoyens, tels que l’enlèvement des barrières des péages pendant la Semaine de Pâques, qui a causé la plainte immédiate d’Abertis, la société propriétaire des autoroutes.

Cependant, les CDR travaillent la plupart de son temps sur des tâches qui ne sont pas si visibles ni tangibles:

  • Organisation de débats pour élargir la base où ils parlent:
    • Des avantages de la République;
    • D’économie durable;
    • D’éducation.
  • Placement de noeuds jaunes sur des routes et dans des villes.
  • Placement d’affiches et de bannières, distribution de brochures informatives rappelant les prisonniers politiques et les mensonges des médias, de la police, des partis politiques et du gouvernement de l’Espagne.
  • Gestion d’une prison symbolique qui se déplace dans toute la Catalogne; pendant une semaine, cette prison est montée sur la place centrale des villes et des volontaires se relaient pour l’occuper afin de sensibiliser les citoyens; cette cellule est une réplique des cellules réelles où sont enfermés les prisonniers politiques.
  • Coordination avec d’autres institutions, telles que l’ANC et Òmnium, des plateformes de défense des droits sociaux, des étudiants, des groupes féministes, des immigrés, des organisations anti-homophobie, contre l’augmentation du prix des transports publics, soutien aux inculpés; « 27 i més », aux rappeurs, tweeters, journalistes, marionnettistes, etc.
  • Lien avec les mairies.
  • Organisation de concerts et projection de documentaires diffusant les valeurs de la République et les droits civils.
  • Réalisation d’ateliers et des cours de résistance pacifique, d’anti-répression, de sécurité informatique, d’économie durable, etc.
  • D’autres activités de quartier qui poursuivent la cohésion sociale dans les places et dans
    les rues.

Ces initiatives sont vivantes, nées de la spontanéité des gens de la rue et adaptées aux besoins de chaque territoire.

Il n’est pas non plus logique de parler des CDR en tant qu’entité,

car en réalité  c’est un ensemble de citoyens qui se rencontrent volontairement et, en fait, n’importe qui peut assister à leurs assemblées publiques. Ils n’ont pas non plus de représentants. Les CDR c’est nous tous et en même temps c’est personne. Les CDR sont dans tous les coins et en même temps nulle part. Les CDR sont le peuple et représentent notre dignité.

Chaque groupe CDR s’auto-organise

et est indépendant des autres bien que dans certains cas ils se coordonnent entre eux pour avoir un plus grand impact sur le territoire. Dans les grandes villes, ils sont généralement structurés par quartiers, puis regroupés par région ou par zone. Il existe également un CDR au niveau national, mais l’autonomie de chaque groupe y est respectée. Il y a même des CDR internationaux: en Allemagne, en France, en Belgique, à Boston, etc., qui aident non seulement à internationaliser les revendications catalanes, mais aussi à organiser le vote extérieur, presque impraticable lors des dernières élections.

Il y a quelques jours les politiciens espagnols et le procureur,

orchestrés avec certains médias, ont commencé à parler des CDR comme étant violents et ils ont voulu les identifier en tant que des exemples de “kale borroka” (terme basque pour “combat de rue”). Moyennant de fausses images, des mensonges et des exagérations, ils cherchent à créer un courant d’opinion faux et prémédité. Ce parallélisme avec le conflit basque a clairement un intérêt politique à criminaliser les CDR. Après avoir décapité les partis politiques républicains et les organisations pro-républicaines ANC et Òmnium, le gouvernement espagnol est intéressé à créer une certaine opinion publique pour justifier leur poursuite judiciaire et introduire l’idée de “tumulte” et de “violence” et ainsi protéger la fausse accusation de rébellion que maintiennent les arrêts interlocutoires du juge Llarena.

Cependant, cette post-vérité oublie que nous, les catalans nous avons pu organiser des manifestations massives de millions de personnes absolument pacifiques depuis 2011. La chaîne humaine connue comme voie catalane s’est étendue le long de 400 km. de route de forme pacifique. Nous avons organisé un référendum pacifique. C’était tellement pacifique que nous avons subi des agressions physiques graves et disproportionnées et des dommage sans nous plaindre. Ceux qui ont voté « non » au référendum ont également reçu des coups. Ceux qui ne sont pas allés voter l’ont aussi vu. Tout le monde l’a vu. Et c’est gravé sur les rétines et la mémoire de millions de personnes. Et cela ne peut pas être effacé.

L’habitude policière de s’infiltrer dans les manifestations est également bien connue. Ces policiers incendient les esprits des autres manifestants pacifiques en lançant des objets, en brûlant des bacs à ordures et en attaquant directement le cordon policier afin que les manifestants les plus impulsifs rejoignent la violence et on puisse ainsi les arrêter. Malgré tout, grâce aux réseaux sociaux et aux téléphones portables, aujourd’hui ces «taupes» sont faciles à démasquer. Twitter et Facebook diffusent des vidéos où on voit clairement qui ils sont et comment les autres manifestants réussissent à les isoler.

Les CDR sont le véritable moteur de la République

qui rassemble le désir des gens de la rue de vouloir vivre en paix dans un pays avec une vraie séparation des pouvoirs, avec des aides sociales, avec des retraites décentes et garanties, avec contrôle et punition des corrompus, bref, un pays démocratique.

Comme le dit Elpidio José Silva: « Les vraies antisystème ce ne sont pas les CDR, mais ceux qui, au sein des institutions, nous ont ruinés, pillés et évincés, ceux qui travestissent la démocratie pour la corrompre en la soumettant au régime le plus corrompu d’Europe”.

Elpidio José Silva a Twitter @elpidiojsilva

Qui sont les CDR? Toi, moi, nous tous sommes des CDR! Tu veux t’y inscrire?

 

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